Faut-il avoir une religion pour avoir une morale ? Pour une approche laïque de la morale
mar. 23 nov. | Patronage laïque Jules Vallès

Faut-il avoir une religion pour avoir une morale ? Pour une approche laïque de la morale

par Gérard Delfau et Guylain Chevrier
Les inscriptions sont closes

Heure et lieu

23 nov. 2021, 19:00
Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France

À propos de l'événement

Conférence/atelier

Avec :

Gérard Delfau, Sénateur honoraire (1980-2008), ancien maire de Saint-André-de-Sangonis, Hérault (1977-2008). Il a reçu le Prix national de la Laïcité du Grand Orient de France (2014). Il est Chevalier de la Légion d’Honneur. Créateur de la collection Débats laïques aux Éditions L’Harmattan, 14 titres parus, ainsi que du site www.debatslaiques.fr. Dernier ouvrage publié avec Martine Charrier, en 2020, « Je crois à la politique » Préface de Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre (voir sa biographie complète associée).

Guylain Chevrier, Docteur en histoire. Formateur, enseignant et consultant. Président de l’association « États Généraux du combat laïque ». Publications : « Laïcité, émancipation et travail social », Coll BUC-Ressources, L’Harmattan, 2017. « La laïcité, une exception menacée », 2020, avec Jean-François Chalot, Editions Le Scorpion brun.

Hadrien Mathoux, journaliste à Marianne, qui animera la soirée.

A propos de la crise et de l’emprise des religions

Plaidoyer pour une morale laïque et républicaine

Par Gérard Delfau

En ce début du XXIe siècle, nous nous trouvons dans une situation analogue à celle des Républicains, qui, dans les années 1880, ont dû poser les fondements d’une École publique laïque, indépendante de toute affiliation à l’Église catholique. Ils rencontrèrent alors une question centrale : quelle Morale devait-on enseigner aux enfants ? Et, pour la première fois au sommet de l’État, Jules Ferry, Ferdinand Buisson, Jean Jaurès et Léon Bourgeois, entre autres, se sont interrogés sur la pertinence et le contenu d’une Morale laïque, déconfessionnalisée et à vocation universelle, compatible avec le régime démocratique. Ce grand débat, qui avait surgi comme l’affirmation d’une nécessaire « séparation » entre l’Église et l’État, s’ouvre à nouveau aujourd’hui en raison de la crise des appareils religieux, à l’échelle de la planète, et simultanément de la mise en cause de notre conception de la Laïcité-séparation, sous l’influence de l’islam politique et d’idéologies anglo-saxonnes, qui lui préfèrent les notions de « tolérance » et de « respect des religions », sans oublier la diffusion récente de l’évangélisme. La crise des religions est indiscutable et elle s’exprime largement, y compris dans les pays musulmans : faillite morale des clergés et ministres des cultes, qu’illustre, en France, le Rapport Sauvé ; mise en cause de l’organisation hiérarchique des cultes, fondée sur le patriarcat, la sujétion des femmes, et le rejet du libre choix de l’orientation sexuelle ; critique des dogmes au nom de la raison et de la liberté d’expression; contestation des Livres saints et des traditions cultuelles; mise en question de la transcendance, etc. Et ce mouvement de grande ampleur a une conséquence, plus ou moins marquée selon les pays et les religions : la désaffection des fidèles et la contestation du pouvoir religieux, qui se double au sein de chaque institution ou corps de croyance d’un retour en force des intégrismes et du fondamentalisme. La France est une cible prioritaire de ce retour du religieux, étant donné le poids ancien de l’Église catholique et l’influence grandissante de l’islam politique sur une partie de notre jeunesse. Voilà aussi qu’un nouveau courant, l’idéologie « woke », venue d’Outre-Atlantique, prétend imposer une censure à la liberté d’opinion et mettre au pas la liberté de conscience, au nom de thèses dites décoloniales. Depuis une trentaine d’années, un vide s’est créé sur les questions de fond. Comment sera-t-il comblé ? La liberté de conscience et la liberté d’expression sont menacées. Comment les préserver ? Nous ne pouvons pas nous contenter d’attitudes défensives. Notre réponse doit être à la hauteur de l’enjeu historique, comme nos prédécesseurs engagés de la IIIe République. Le moment est venu de réouvrir la réflexion sur une Morale laïque et républicaine, capable de donner un cadre à l’instruction des enfants, mais aussi de fournir à l’ensemble de nos concitoyens les règles pour des relations apaisées au sein de la communauté nationale. Un grand chantier s’ouvre, qui donne le vertige, car il faut sortir des positions convenues ou dictées par les médias. Les Libres penseurs doivent y apporter une contribution exemplaire, mais non exclusive, et j’insiste sur cette dernière recommandation. Seul un travail collectif a des chances d’aboutir. Et il y a urgence.

Gérard DELFAU 22-10-2021

Evenement  proposé dans le cadre de la préparation des Etats Généraux du Combat Laïque prévu le 11 décembre.

Partager cet événement